Les substantifs terminés par une consonne (excepté n précédé d’une voyelle, et nn) font leur pluriel en ajoutant un e; Ex: a noas, la noix, pl. e noase; o gat, le chat, pl. u gate; a nuec, la nuit, pl. e nuece.
Ceux en n précédés d’une voyelle généralement font leur pluriel par la chute de n; Ex: o can, le chien, pl. u ca; o cosin, le cousin, pl. u cosi. Mais il y en a quelques-uns en an, homonymes avec des mots français en on qui font leur pluriel en o. Ex: o pigian, le pigeon, pl. u pigio.
Ceux en nn ajoutent e et perdent un n; Ex: r’ingann, la tromperie, pl. u ingane.
Ceux en gl mettent un i devant l’e. Ex: r’oegl, l’œil, pl. ru oeglie.
Ceux en ca et ga prennent un h; Ex: auca, oie, pl. auche; amiga, amie, pl. amighe.
Quelques mots retrouvent au pluriel une lettre qui a été perdue ou modifiée au singulier. Ex: r’ausse, l’oiseau, pl. ru ausselle; o cavà, le cheval, pl. u cavà et aussi cavale.
Ajoutons quelques emprunts de l’italien, qui font leur pluriel en i comme dans cette langue. Ex: o medico, le médecin, pl. u medichi.
Le mentonais n’est pas très-ricue en augmentatifs et diminutifs, employant au lieu de ceux-ci les substantifs avec adjectifs. Ceux qui existent sont formés, les premiers par l’addition à un substantif des syllabes masc. ass, f. 'assa; les seconds par masc, el, f. ela. Ex: libre, livre, fait librass, libret; sauma, ânesse, saumassa, saumela.
Dans le mot fremeneta, diminutif de frema, femme, et omenet, diminutif de ome, homme, on retrouve des syllabes perdues qui se voient dans le latin feminam hominem.